vendredi 19 décembre 2008

Sur la sexualité féminine


vendredi 6 juin 2008

De ma sexualité, je retiens trois choses qui me paraissent certaines

1) De l’extérieur vers l’intérieur

Il est inutile de toucher d’abord les seins ou le pubis. Le geste, même destiné à procurer du plaisir, sera reçu comme impudique ou trop direct, comme une violence ou une obscénité. Pourquoi ? Parce que le plaisir n’est pas directement accessible à ces endroits-là ou rarement. De sorte que la caresse paraît une atteinte à l’intimité.
Notre corps est parcouru de méridiens qui joignent les points entre eux. De sorte qu’en caressant les pieds, les jambes ou les chevilles, les mains, les bras ou les poignets, le dos aussi, l’homme déclenche des ondes de plaisir, qui elles, toucheront les centres névralgiques du ventre ou de la poitrine, souvent fermés au premier abord. Ces ondes de plaisir ouvrent des portes, défont les nœuds. Elles déclenchent un plaisir immense, qui se propage littéralement dans tous le corps. Les seins se dressent et les cuisses s’ouvrent. Nous devenons demandeuses de plaisir, désirantes, affamées, consentantes et déjà en manque.

2) la mémoire du corps

Lorsqu’un homme nous a fait une fois l’amour précédé par de longues caresses sur tout le corps, le plaisir est si grand que la fois d’après, le corps se souvient et est accessible en moins de temps avec moins de préliminaires, et le désir de la pénétration vient plus rapidement, voire immédiatement.

3) le feu aux fesses !

Si nous ne prenons pas la pilule, il existe au moins 3 ou 4 jours dans le mois, où nous sommes particulièrement excitables et excitées, où nous avons envie de faire l’amour : les jours d’ovulation. La nature fait (les hormones font), que nous sommes femelles ces jours-là, que nous avons physiologiquement envie de nous accoupler. Nous sommes ouvertes, disponibles, offertes.

jeudi 12 juin 2008

On parle de préliminaires pour désigner les caresses et les jeux qui précèdent l’acte sexuel. En réalité, cela correspond uniquement à la vision masculine des rapports sexuels. Pour une femme, il ne s’agit pas de préliminaires. Il s’agit déjà de l’acte sexuel, au sens où le plaisir procuré peut être aussi grand, et même dépasser celui que procurera la pénétration. Il me semble qu’il n’y a là aucun doute à avoir, ni aucune crainte pour l’homme.

vendredi 19 décembre 2008

Ne pas oublier que nous changeons.
Comme nous-mêmes, comme notre peau, nos habitudes, notre visage, nos envies de lectures, nos goûts alimentaires, etc., notre sexualité évolue.
Elle évolue avec nos maternités parce que notre corps change de l’intérieur.
Elle évolue avec notre maturité parce que notre manière de « concevoir » / « percevoir » l’acte sexuel (assouvissement d’un désir, partage du plaisir, construction d’un pont, union cosmique, fusion avec la nature ou l’univers, etc. ) change.
Un temps nous allons préférer telle position ; puis cela va changer.
L’exploration n’est jamais finie.
Cela implique aussi qu’il n’y a pas d’objectif à avoir : tout est dans la démarche.
Pas de crainte à avoir non plus : il n’y a pas lieu de chercher à maitriser quelque chose qui est en mouvement, qui a son mouvement propre ; il y a lieu de l’accompagner.
La sexualité est essentiellement un partage qui nous emmène dans un monde parallèle à la réalité : en étroit contact avec celle-ci, mais lui ajoutant une dimension supplémentaire. Poétique ? onirique ? difficile à qualifier. Charnelle.
Un transport.
Un voyage.
Une aventure.
Un partage qui nous aide aussi à entrer en contact avec nous-mêmes, tels que nous sommes à l’origine.
Une chance.
Un accès à la beauté.

4 commentaires:

julonomi a dit…

Waouh, je suis impressionnée par ce texte ! Chapeau d'avoir su écrire des choses si vraies et si intimes. A partager avec l'autre, c'est sûr !

SORG a dit…

Tu as écrit là ce qu'on a parfois du mal à formuler mais qu'on ressent inconsciemment. Bravo pour ce chant d'amour !

Anonyme a dit…

C'est vraiment très beau, en le lisant j'avais dans la tête cette chanson de Léo Ferré: C'est extra.....
« Des mains qui jouent de l'arc en ciel sur la guitare de la vie, et puis ces cris qui montent au ciel.... »...
Ce qui est écrit là, est un hymne....

Mais il me plait un peu de chercher la polémique.

Si les préliminaires sont une vision masculine de la sexualité, mais par ailleurs : je cite »qu'il est inutile de caresser d'abord le pubis et les seins ».
Ce moment ou l'on caressera autre chose que les zones citées comment le définir?
Il est sexualité sans l'être, parce qu'aller aux seins directement est …......impudique. Il faut donc évoluer progressivement vers ces zones mystérieuses et plus « protégées » que les autres..
Plus sexuelles sûrement....

Peut-être pourrions nous appeler ces zones – qui ne sont pas le pubis et les seins – des zones liminaires: »Se disent de stimulus qui sont juste au niveau du seuil ».

Je te propose que la Femme et l'Homme trouvent ensemble comment définir ces moments délicieux que tu as su si bien décrire.

Enfin! Je pinaille, et ce que tu écris, a un drôle de sens j'aurais aimé l'écrire...

C'est un blog à dévorer j'en prends tous les soirs un peu...

Aimache a dit…

Audacieux cette incursion dans le sujet de la sexualité, ce seul fait mérite félicitations ! Et encouragements à la communication sur ce sujet…

C’est une vision personnelle qui est proposée, mais j’ai eu l’impression qu’elle n’était pas totalement assumée en étant présentée comme une certitude et donc une généralité. Mais ça invite à réagir et dire que ce qui est certain pour l’un(e) ne l’est pas forcément pour l’autre.

Par exemple le sentiment « d’atteinte à l’intimité » d’un abord trop direct : le « directement au but », dans le respect, le jeu, la douceur, la passion, peut-être aussi tout à fait appréciable. S’interroger sur ce qui est en jeu, et pourquoi, dans ce sentiment… Cette distinction ou non, soi-disant féminine ou masculine, entre préliminaires et acte sexuel me laisse aussi un peu perplexe.

Par ailleurs, je partage tellement ce qui est dit sur le changement que je m’étonne qu’une quelconque certitude dans ce domaine puisse exister ? Pourquoi attendre de changer d’âge, de situation, de partenaire, de concepts, pour s’autoriser (soi-même, et mutuellement) à vivre la diversité de la sexualité ? Au-delà des habitudes et des « certitudes », pourquoi ne pas jouer parfois au moins à « être une autre» pour tester nos différentes facettes et laisser la place aux multiples femmes en soi-même ?

Enfin très belle conclusion sur ce que la sexualité peut nous donner à percevoir de la réalité et de notre nature profonde, et peut nous faire partager. Moment de dépouillement au propre et au figuré, et pour moi de retour à la réalité plutôt qu’accès à une dimension supplémentaire de celle-ci.